Le site du e-consultant - Théorie et pratique de la survie en entreprise

 


lundi 22 juin 2009

Interviouve entrepreneur : 5 questions stupides à Gilles de Vinivi

Qui ne connaît pas Vinivi ? C'est LE site des voyageurs qui se trimballent de par le monde et qui en rentrant laissent des avis sur les bleds, les hôtels et les piscines qu'ils ont testés.

Ils sont installés chez Maurice (l'île) et ça gaze plutôt pas mal pour un site communautaire.

Donc, j'ai dégotté le patron et fondateur de cette turne, et je m'en suis allé lui secouer les puces pour voir si comme le veut la rumeur, on bosse mieux à la plage..

1. Gilles, t'es le boss de Vinivi et on peut dire que t'es encore un de ces gros malins qui ont décidé de tout plaquer pour aller faire fortune au soleil. Ca devient lassant. Qu'est ce que t'as à dire pour ta défense ?

Absolument rien pour me défendre : j'habite au bord de l'eau, je me lève en regardant l'océan indien, je vais bosser à pied, en face de chez moi, j'ai une équipe d'enfer qui bosse pendant que je vais à la plage. Bon c'est presque vrai, ils croient tous que je bosse en France, que je vais voir des clients, mais ce n'est pas vrai : je suis dans ma piscine. C'est bien connu : monter une entreprise c'est facile, les clients viennent seuls et l'argent coule à flot.

2. En gros ton bizness, c'est de fourguer de l'avis voyageur aux autres voyageurs et du client ciblé aux hotels and co, c'est ça ? C'est un peu le modèle de trip advisor, non ? Y a d'autres subtilités que je pige pas ? C'est quoi vos différences, ce qui fait que chez Vinivi, vous allez leur éclater la tronche ?

Ah non, on veut pas les tuer, la concurrence est saine et fait avancer. Sur mon tableau dans mon bureau il y a écrit : "Chaque Coca a son Pepsi" et j'ajoute nous on veut bien être Pespi, tendance Virgin Cola (mais avec les marges de Pepsi). Tripadvisor appartient à Expedia et ils sont américains. Nous, nous n'appartenons à personne et nous sommes Français/ Mauriciens.

Une histoire différente.

On se considère un peu comme dans la pub "I'm a PC / I'm a Mac" (on se voit en Mac, ça tu l'avais compris)

3. Vinivi, ça avait bien buzzé au début, mais maintenant on en entend plus trop causer... Parce que ça gaze trop bien ou parce que c'est complètement planté ? Balourde-nous un peu de news sur Vinivi ? C'est quoi le bilan de ces premières années à turner dans le site de voyage communautaire ?

Comme tu l'as dit, on est à la plage sous l'eau. Du coup on prend moins le temps de faire les malins et communiquer. On a tort, parce que l'équipe a fait des merveilles. On a signé avec 85% des acteurs en ligne, nous avons également des partenariats avec de grands acteurs du tourisme, on bosse beaucoup, pleins de projets dans les cartons que l'on a pas le temps de faire. Sur Vinivi, depuis 6 mois l'équipe a ajouté pleins de fonctionnalités mais ce n'est que 20% de ce que l'on a sous le pied... stay tuned.

4. Allez fais pas ta chochotte, donne-nous de la donnée brute ? T'as embauché un max de gens ? Combien ? T'as levé de la tune, combien ? T'as explosé ton trafic et ton chiffre, de combien ? T'as bu des cocktails coco ? combien ?

Nous sommes 15 aujourd'hui : une super équipe avec des gens motivés. En 3 ans, nous sommes passés de la chambre de ma fille à 2 personnes à des locaux assez sympa avec des mètres carrés. On recrute encore cette année.

Pas de levée de fonds : plutot que de chercher du financement, nous avons cherché des clients. Pas mécontent de l'avoir fait comme cela. Et puis cela a appris à faire attention aux coûts : Vinivi sait vivre avec peu. Ce qui ne veut pas dire que l'on ne sait pas vivre... (je dois bien avoir une bouteille qui traîne au bureau pour répondre à ta question).

5. En évitant la langue de ouabe, maintenant que t'as vraiment de la bouteille en tant qu'entrepreneur du oueb, qu'est ce que tu conseillerais à tous les gus qui veulent se lancer ?

Il faut être un peu boxeur dans l'âme : tu vas encaisser, te relever, et à chaque round tu y retournes avec la niak. Et puis quand tu as un doute, tu te demandes si ce que tu fais à un sens. En ce qui nous concerne, quand je vois tous ceux qui déposent des avis, et ceux qui les lisent et les décisions qui sont prises, cela a du sens.

Quand j'étais consultant, mon métier (comme toi) c'était "d'apporter du bonheur au client" et "de faire du sens" ; finalement toute l'équipe fait exactement cela aujourd'hui.




Voilà. Encore un qui est bien loti, qui rigole bien en vous voyant mouliner comme des veaux dans vos bureaux climatisés.

Maintenant tu peux donner ton avis sur le dernier hôtel ou t'as créché sur Vinivi

ou venir pourrir les commentaires ci-dessous pour filer ton avis sur cette interviouve ..

ou me filer des idées de gens à interviouver car je commence à être sec..

vendredi 5 juin 2009

Comment virer la moitié de ses effectifs en 10 minutes..

En fait c'est hyper simple. Je comprends pas pourquoi on s'emmerde avec les plans sociaux.

Il suffit de la faire à la singapourienne.

Je vous laisse. J'ai une nouvelle filiale à ouvrir on dirait.

via MrBoo

mercredi 3 juin 2009

Interview entrepreneurs du oueb : 5 questions pourries à Padawan

Incroyable ! J'ai réussi à me pécho une interview de Padawan, alias François Nonnenmacher, alias le gonzue qui a scribouillé un bouquin sur les blogs d'entreprise et qui déchire sa race avec son blog. Un consultant grande classe, comme on n'en fait plus, et qui nous écrase tous. En plus de ça, il est parti s'exiler au pays du bonheur, et se prépare à se faire une maille de ouf avec son bizness de ... euh.. de quoi d'ailleurs ?

De consulting peut-être ?..

On va lui demander.

1. Padawan, on peut dire que t'es pas un mariole du web, genre un obélix du HTTP.. mais qu'est ce que c'est que cette boite là Ubiquitic ? On comprend que dalle à ce que ça fout .. C'est pas du consulting quand même ?

Bah qu'est-ce qu'il croit lui, que les mecs qui comprennent tout tout de suite ils vont payer peau de balle un consultant de luxe pour leur expliquer la vie ? Eh bien si, c'est du consulting, en plus de plein d'autres choses plus ou moins avouables (toi et moi savons bien ce que c'est que de vendre son corps temps pour de l'argent).

En fait je suis cordonnier du web, et comme tous les cordonniers, je suis mal chaussé. Je sais, le site Ubiquitic est à moitié cuit, il n'y a pas encore le logo, le design est quelconque et il manque les traductions en français et en caldoche. Mais j'ai passé plus de cinq ans à démontrer avec mon blog qu'on peut avoir un design tout pourri et attirer du monde quand même rien qu'avec le contenu (tu comprends pourquoi je n'ai aucun client dans le marketing). La vraie raison (t'as droit à un scoop là) c'est que j'ai gelé la construction du site temporairement à cause d'une bande de perfides albionais qui possèdent la marque Ubiquity et qui m'ont cherché des poux dans la tête sur ma marque. Mais grâce à mon avocat, qui me rappelle à chaque facture que mes tarifs sont trop bas, je vais bientôt pouvoir poursuivre ma conquête du monde sous ce nom d'une rare intelligence (et presqu'aussi difficile à prononcer que mon patronyme). Eux ils vendent des sardines en boite sur IP, moi je ne fais que du web, mais le meilleur du web. Tu peux me demander tout ce que tu veux, pourvu que ça se termine en site web. Même un blog, c'est dire.

Je fais aussi traducteur et conciliateur (parfois casque bleu) entre informaticiens et vrais gens. Je suis très bon pour ça parce que je suis bilingue informatique / vraie vie et que je fais partie des rares personnes qui pensent que l'informatique ne sert pas qu'à amuser les informaticiens. D'ailleurs, pratiquement tous mes clients sont des gens qui ne peuvent pas, ou ne veulent plus, travailler avec leurs informaticiens maison (mais j'ai quand même quelques DSI éclairés comme clients)

2. Avoue, en fait c'est une façade pour faire genre, mais en vrai t'en rames pas une, à mater les lagons et à grailler du poulet à la mangue sur l'île des pins ? Si je mens, donne-nous le nom d'un client sérieux pour lequel t'as fait un truc valable ?

Tu mens mais sans te tromper. Ce n'est pas une façade, il y a un vrai business derrière, avec vue sur le lagon, la chaîne de montagne et l'air conditionné, le tout à exactement dix secondes de transport de mon lit et du jardin. Je peux te donner des noms de clients très sérieux, mais ils ne vont pas être d'accord pour être cités ici, et puis je veux pas que tu me pourrisses mon business, lôngin ! Bon, d'accord, la plateforme de blogs du premier site media de France, c'est moi qui l'ai développée et qui la gère techniquement. Ça te va ça pour du sérieux ? Fin valable, comme on dit ici ;-).

3. Revenons aux fondements de l'histoire.. pourquoi avoir créé ton bizness ? Après tout ce que t'avais massacré chez Cap Gé, personne voulait t'embaucher ?

Oh si, pas un problème et j'ai eu des offres, mais pourquoi remettre des menottes alors que je vis mieux en travaillant pour moi plutôt que pour le CAC40 ? C'est plutôt un retour à l'indépendance, après une parenthèse de huit ans et demi dans le salariat. Et je ne regrette pas une minute les menottes en or que j'avais, parce qu'arrivé à un certain niveau d'expérience dans mon métier, j'ai un peu de mal à être micro-managé par des bureaucrates qui n'ont jamais vu un site web, regardent leur ordinateur comme une poule qui a trouvé un couteau et répondent au stylo en marge des e-mails imprimés par leur secrétaire (on leur laisserait faire de la politique, leur vrai métier, qu'ils nous inventeraient le Minitel 2.0 ou HADOPI, tu vois le genre, moi à la longue ça m'énerve un brin). Et puis quand tu réalises que plein de gens viennent régulièrement te demander conseil et que certains sont prêts à te payer pour ça, tu franchis le pas facilement.

4. Ton blog est lu par un peu de monde quand même. J'ai plus les chiffres en tronche, mais toi oui.. est-ce que ça t'apporte quelque chose pour faire marcher ta boutique ?

Ça marche dans une certaine mesure, mais c'est surtout mon bouquin et mes conférences qui ont aidé directement, le blog ayant permis de décrocher ça même si ce n'était pas le but initial. Après c'est le bouche-à-oreille dans les vrais réseaux sociaux des vrais gens qui joue (et ce n'est pas dans LinkedIn et autres Fesse-bouc). Maintenant j'ai le problème d'avoir cette marque personnelle, padawan, à gérer, et sous laquelle je suis bien plus connu que sous mon propre nom. Et ça me démange de pouvoir retrouver un espace vraiment personnel plutôt que ce mélange des genres (que j'ai voulu, j'assume). Mais avoir un blog avec un PageRank qui déchire ça a évidemment des avantages. Par exemple celui de publier un coup de gueule sur son ISP, de savoir qu'il est passé sous les yeux du grand patron dans la demi-heure, un dimanche, et que ça règle en 48h un problème bloqué au service client depuis des mois. Là tu as conscience d'avoir un joli mégaphone à porté de clic (d'ailleurs mon déménageur ne va pas tarder à l'apprendre à ses dépends).

5. Dis nous où tu te fais le plus de maille aujourd'hui ? Ta boite ou ton bouquin "blogueur d'entreprise" ? Est-ce que c'est vraiment pas honteux de gagner autant de blé alors qu'on habite sur une ile paradisiaque.. (je sais je suis lourd avec ça, mais tu veux pas en remettre une couche histoire de dégouter tous mes lecteurs...) ? y a bien des contraintes de merde à travailler à distance quand même ? comment tu t'organises ?

Ecrire un livre c'est le plan de la loose qui tue pour devenir riche, ça rapporte moins en tarif horaire que caissier chez Leader Price (en plus mon éditeur ne m'a jamais envoyé les décomptes de vente, soit il a honte des ventes, soit il en a vendu des tonnes et il ne veut pas me payer le reliquat de droits). Par contre pour la notoriété, dans ce pays où seuls les diplômes et les trucs en papier comptent, c'est mieux que l'Euromillion. Mes prochains bouquins, plus question de passer par un éditeur papier 1.0, ce sera vendu en ligne et sans intermédiaire. Non, c'est mon activité de service qui rapporte.

Il y a un mec qui a vendu une idée complètement aberrante à des millions de gens, un truc du genre « travailler plus pour gagner plus » (c'est sûrement un avocat), alors que c'est tellement plus intéressant de facturer plus pour travailler moins. La bonne formule pour moi c'est « un jour travaillé = deux jours chômés », si possible à déguster des langoustes et du cerf grillés et me dorer la pilule dans l'un des trois bungalows privés avec l'échelle qui descend directement du deck dans la baie d'Oro. Ou la plongée sous-marine dans le plus beau lagon du monde. Tu vois, là c'est l'hiver pour nous, on est parti camper et plonger tout le week-end. L'eau était à 27°C, j'ai rarement eu aussi chaud sous 20 mètres d'eau à regarder Némo et ses copains jouer dans le corail et les anémones. Avec quand même une petit pensée, avant de me coucher à la belle étoile, pour ceux qui prenaient le métro au même instant. Et puis quand j'ai besoin d'une piqûre de rappel citadine, l'Australie et la Nouvelle-Zélande sont à deux heures et demi de vol.

J'ai un client qui plaisante en disant qu'avec moi il fait de l'offshoring, mais en français et qui fonctionne. L'organisation est assez simple, je suis très exactement de l'autre côté du globe par rapport à la France (là où l'eau tourne à l'envers et les gens marchent sur la tête). Quand je dors, mes clients métropolitains préparent tout ce qu'ils veulent que je fasse et m'envoient ça par e-mail avant de quitter leur bureau, et pendant qu'ils dorment, je le fais. Ou pas, parce que je peux travailler le samedi et le dimanche et aller plonger le mercredi parce que le temps et l'envie s'y prêtent. Ça a perturbé un peu d'anciens clients de l'époque où j'habitais à Paris, qui avaient l'habitude de recevoir une réponse à leurs e-mails dans les 15 minutes et du coup m'en envoyaient quinze par jour. Mais ils ont vite compris l'intérêt de condenser les ordres (et les contre-ordres) en une salve le soir et d'avoir du grain à moudre dès le lendemain matin.

J'ai du mal à trouver des contraintes de merde, comme tu dis, dans un pays où dès que tu arrêtes de bosser tu as vraiment l'impression d'être en vacances. Sauf peut-être les monopoles qui font que téléphoner ou voyager te coûtent deux bras et un rein à chaque fois et que l'accès à internet est du niveau Wanadoo 256k à dix fois le prix. Ah si, il y a la difficulté pour le manager français moyen de travailler à distance avec quelqu'un qu'il n'a jamais vu et qu'il ne peut pas convoquer dans son bureau sur un claquement de doigts. Ça ne pose aucun problème à mes clients existants, qui sont tous des gens éclairés et très intelligents, mais c'est clairement un frein pour développer mon activité en métropole.

Tu vois, le seul vrai luxe dans la vie c'est le temps choisi. Alors comme je n'ai (pour l'instant) que mon temps à vendre, et que c'est une denrée rare et non renouvelable, je n'ai vraiment aucune honte à ce qu'un jour de travail me permette de buller deux jours dans l'île la plus proche du paradis (comme l'appellent nos amis japonais). Et je compte bien en profiter maintenant, pas quand je serai perclus de rhumatismes, sans retraite, dans un monde sans pétrole où les jeunes ne feront aucun cadeau aux vieux qui ont ravagé leur planète parce qu'il fallait polluer plus pour se goinfrer plus.

Et toi, elle est pas belle la vie à la Défense ?




Alors ça c'était de l'interviouve, excusez du peu. Ok, je branle plus rien, mais je vous déniche quand même de sacrés loustics non ?

Allez une petite tof de là où il zone le chacal, juste pour vous dégouter de la life.

Bon si vous aussi, vous faites le oueb de demain, d'après-demain ou simplement avez monté un biz sur l'interpoil et voulez vous faire laminer par mes questions pourraves, je vous attends.

Et au fait, si vous cherchez à louer un appartement de luxe à Paris, je prends 10%


Parse error: syntax error, unexpected T_STRING, expecting ')' in /homez.149/econsult/www/ecrire/tools/bbclone/var/access.php on line 1117