Une question de Fañch :

Etre consultant, c'est un savoir faire, un savoir être (ça fait bien ça les différents savoirs, les écoles se branlent d'avoir trouver ça et en collent partout dans des chtites plaquettes quadri que c'est nous qui payent (les élèves des ESC) et que c'est eux (les prépas, c'est à dire nous + 1 an) qui les bennent direct), mais aussi voire surtout une légitimité, un titre genre gagnant du concours mister scie égoïne 1978 qui vous permet d'ovrir votre gueule sur à peu près tout et n'importe quoi qui concerne de près ou de loin l'outillage. Entre l'expert et le coach, le consultant existe grâce à sa légitimité. La question est alors simple et il n'y a qu'ici que j'y trouverais une réponse : comment faire quand on n'a rien, quedale, pas un titre, à peine un ptit diplome, rien qui fasse expert dans son domaine, mais qu'on veut quand même faire rentrer les brouzoufs et ouvrir bien grand ce qui nous sert à tous de débitoir à conneries pompeuses mais néanmoins génératrices de trésorerie ? Merci de ta réponse, oh grand e-consultant.

La réponse du e-consultant

Fañch, tu poses la question de la légitimité. C'est une question aussi délicate qu'elle est judicieuse et ancestrale. Déjà Socrate, premier des consultants, avançait sur le terrain miné de cette interrogation : Qu'est ce que la légitimité ? (What the fuck is legitimity ?). Déjà, il se questionnait avec son fidèle acolyte Robin sur ce qui lui donnait en droit le pouvoir de donner conseil à son prochain, de le questionner pour comprendre ses besoins et de lui faire un gros powerpoint de verbiage pour lui embrouiller la tête. Déjà, il entendait donner à sa méthodologie, la maieutique, un fondement naturel, et perçu par tous comme tel, afin de pouvoir la transformer en un juteux bizness de toges finement brodées et d'huile à se oindre le cul.

A notre tour, nous devons, en cette ère de postmodernité où tous nous prétendons au droit à être le consultant de notre collègue, de notre voisin, de notre conjoint ou même de notre chat, ré-examiner cette question à la lumière des avancées de la philosophie existentielle et phénoménologique.

Qu'est ce qu'être ou ne point être consultant aujourd'hui ? Qu'est ce qui nous en donne le droit, le pouvoir, l'assise pour justifier d'un tel statut et bénéficier du pouvoir qu'il offre sur le premier venu du business ? Onthologiquement parlant, quels sont les prolégomènes à toute légitimité d'une métaphysique du consulting qui voudrait se poser comme universelle et ouvrir la sphère contingente de la grande Cash-machine ?

Hé bien, moi je te le dis, tout ce bordel à la mord-moi-le-noeud, on en a rien à secouer. C'est de la pisse d'âne en tétrapack.

La vérité c'est que pour devenir consultant, et pouvoir à la fois
- ouvrir son clapier à couillonnades
- engranger un max de tunnasse
c'est qu'il faut avoir une sacré paire de burnes et point barre. La légitimité du consultant elle est dans son calbut.

Nous, on peut arriver fine fleur devant le boss d'une boîte, qu'il connaît comme sa poche parce qu'il l'a fondée et qu'il l'a fait mariner dans son jus depuis 25 piges, et lui sortir tout de go : "Mon pote, t'as le nez dans ta crotte. Nous, les consultants on a pécho la vérité avec trois questionnaires de bidasse et deux matrices de trouffion et voilà ce que tu dois faire !" Comment penses-tu qu'on puisse faire ça sans avoir un sac à billes en béton armé ?

Et comment, sans un sacré pack de burettes bien accroché entre les guibolles, se pointer la gueule enfarinée devant le comité d'administration d'une holding de vieux briscards à qui tu vendrais pas un singe sans qu'ils lui aient reniflé un à un tous les poils du cul, et leur avoiner la tronche sur comment ils doivent démembrer le groupe qu'ils ont mis leur vie à construire tout ça pour se rapprocher de leur coeur de métier et faire péter de joie l'actionnaire.

Les diplômes, les titres, l'expérience, l'expertise, c'est du baratin pour entuber les jeunes bourges en mal de reconnaissance. On leur file une prépa et un ch'tite "grande école" (de commerce, d'ingénieur, de n'importe quoi on s'en cogne tant qu'il y a marqué élite dans la plaquette) et on espère que ça leur filera du poil aux pattes. Ca marche pour certains, mais en général c'est ceux qui avaient déjà un bon capital rouston.