Apparemment, cette première approche de l'augmentation à la chacal, ce n'était pas suffisant. Vous crevez tous la dalle ou quoi ?

Donc voici 10 conseils pour faire péter les brouzoufs dans ta négo de tunes avec ton bâtard de manager.

1) N'attends pas ton entretien annuel
Ce genre de conneries, tu peux tout de suite t'asseoir dessus. C'est le moment qu'attends ton boss pour te baiser la gueule et t'essuyer la tronche avec le même mouchoir plein de foutre qu'il a utilisé pour tous ceux qui sont passés avant ta pomme. Ceux qui négocient lors des périodes imposés sont les mêmes bénis oui-oui qui sont contents quand on leur dit que "cette année ca va mal". Ils sortiraient même leur chéquier si on leur demandait d'aider un peu la boîte. Ils ne finiront jamais dans le Comité de Direction à se gratter les paluches avec de billets de 500.

Le truc d'attendre 6 mois d'ancienneté que tu lis partout, c'est pareil tu peux oublier. De toute façon, la première négo c'est le jour où tu signes ton contrat, où tu sors ton air de cul de poule pour dire "ah mais c'est pas ce qu'on avait convenu"

2) Négocie avec tout le monde, tout le temps
L'entretien formel est un piège à con. Ta négociation salariale doit être permanente. Ca doit être une tâche dans ton organizer. ou un reminder permanent dans ton calendrier outlook. Chaque micro-action que tu accomplis pour ta boîte de looze devrait justifier une augmentation salariale de ouf. Et tout le monde doit le capter, ton n+1, ton n+2, ton n+28, ton DRH, ton PDG, et même le type qui change le PQ. Ca doit être leur seconde information qu'ils reçoivent de la journée aprés : "Ca y est, je suis réveillé, les emmerdes commençent".

3) Pour savoir ce que tu vaux, regarde le marché et multiplie les chiffres par deux
Toutes les études du type "combien vous devriez gagner" ou "la vérité sur les salaires" sont publiées par un consortium de managers et de patrons d'entreprise qui veulent t'embrouiller. La vérité c'est que tu ne seras jamais assez bien payé. Sans dec', t'auras pas envie d'une petite piscine éclairée dans ta villa ? Ou d'une porsche plaquée or ? Ou d'une pute qui suce mieux ? Ou juste d'une ligne de coke supplémentaire par jour ? Ou simplement de pouvoir dire combien tu palpes à un dîner sans te taper la honte ?

4) Demande le double pour avoir le quart
C'est un peu comme au souk, si tu veux. Tu seras d'autant plus crédible que ton prix est exorbitant. Tu peux aussi cracher par terre et jurer sur la tête de tes enfants, le traiter de niqueur de chameau ou de fils de bouc. Si si c'est permis, et même vigoureusement conseillé. Encore une fois, les gens qui restent calmes aiment la vaseline.

5) Développe une argumentation de tueur
Exit tous les bullshits sur ta valeur, ta performance et tes résultats vs les objectifs pourraves. Tout ça est tellement évident que y a que Delarue qui n'est pas au courant, et tu ne veux pas en discuter même une minute (si vraiment ton boss insiste, flood-le avec la liste de tes succès et mérites sur un rythme de raggamuffin hardcore !). Tu es le killer dans la place. Le Tyranosaure du taf. Ton argumentation doit être fondée sur la peur de ce qui pourrait arriver si on ne t'augmentais pas.. Sans faire de menaces concrètes, distille un climat malsain, une prophétisation de l'horreur qui soit un mix entre Nostradamus et Marylin Manson. Qu'au bout d'une plombe d'entretien ton boss voit des chauves-souris frapper à sa boîte email ou des litres de sang couler de sa machine a kawa. Il faut qu'il flippe sa race. Parce qu'on ne refuse pas une augmentation de salaire à un psychopathe !

6) Ne jamais menacer de démissionner
Il n'attend que ça, le chien. La vraie menace c'est bien de rester en n'ayant pas été augmenté, avec tout ce que ça implique de démotivation, de pourrissement de l'ambiance auprès des collègues, de rumeurs infectes, de coups de putes, d'objectifs foirés et de chiffre d'affaire qui se ratatine comme un zob aprés l'amour. N'oublie pas que ta stratégie, ce n'est pas le pipo de la négo rationnelle, c'est le salaire de la peur !

7) Dégage les avantages non monétaires
C'est une vieille technique de boss pour t'enfler par le côté. La bagnole de fonction qui restera au garage car les réparations ne sont pas comprises dans le package, les tickets restos que tu refileras à ton fils aîné pour qu'il grossisse au MacDo en séchant les cours, les plans de formations où tu te feras chier pour apprendre le schtroumpf des affaires ou encore le fond d'éparge qui se pétera la gueule lorsque tu voudras le débloquer pour faire face à l'invasion chinoise, tout ça c'est de la gnognotte. Tu veux du fric ! Du pognon ! De la tune ! De la caillasse ! Du genhar ! Du flouze ! Et vite ! Aboule !

8) Sois sourd à ses justifications
Dans tout bouquin de management qui se respecte, il y a un chapitre sur "comment refuser une augmentation à un blaireau", bourré à mort de phrases types pour que tu te pètes les dents sur ton blé. Du style "Votre expérience est insuffisante pour qu'on vous permette d'accèder à une rémunération décente, humainement parlant", ou encore "Il faut modérer vos prétentions, cette année l'entreprise est en difficulté, notre croissance n'est que de 130 %" ou bien aussi "Voyons, personne à votre poste avant vous n'avait jamais eu un tel niveau de salaire, à part moi bien sûr". Laisse-le placer sa formule de bon élève peigne-fion et puis ricane. Et enchaîne.

9) Si tu peux lui serrer les couilles sous le bureau, fais le
Ca abrègera la négociation, et les études montrent que statistiquement tu devrais pécho 3% de plus.

10) Quittez-vous bon amis
Pour qu'il ne se sente pas complétement niqué jusqu'au colon, laisse lui une petite victoire finale, une concession de dernière bourre dont il pourra se targuer devant ses poteaux managers. Par exemple, à la fin de la négo, quand tu lui as bien bourré le mou, qu'il est claqué comme une vieille savate et que tu as obtenu ce que tu voulais, tu peux dire "Bon, à demain alors ?"