Dans ton petit bureau miteux que tu partages avec "Michel pue de la gueule" et une stagiaire imbaisable, tu en viens parfois à rêver à cette bonne vieille augment' qu'on t'as promis il y a deux lustres et dont tu n'as jamais vu la couleur de la culotte. Tu te morfonds sur ce boulot de merde sous-payé en te disant à toi-même que tu mérites mieux.

Hé bien non, ducon, tu ne mérites pas mieux !

Si tu touches tant de blé par mois et pas un kopek de plus, c'est que c'est tout ce que tu vaux. Ou plutôt tout ce que t'as réussi à pécho. La grosse erreur, c'est de croire que les gens sont rémunérés en fonction de leur poste, de leurs responsabilités et/ou de leurs compétences. Foutaises. Pipo. Balivernes de fond de chiottes. Mitonneries de caves à foutre. Les gens sont rémunérés à la gueule !

Pourquoi la petite putasse (à part le fait qu'elle a jamais enfilé une jupe qui tombe au dessous du genou de sa vie) qui vient de débarquer au pole R&D touche 1,5 fois ton salaire alors qu'elle a exactement le même diplôme et seulement 23 piges ? Mais parce qu'elle a une plus grande gueule que toi, mon pote ! Et qu'elle l'a fait savoir dès l'entretien d'embauche.

Et pourquoi le chef de produit lingettes amaincissantes se fait 15 K euros de plus que ta pomme par an alors qu'il vient encore de flinguer trois lancements de produits cette année ? Mais parce qu'il a plus de gueule que toi.

Et pourquoi Louis-Kevin qui va voir des films intellos pendant ses heures de burlingue et qui n'en rame pas une en général vient encore d'être augmenté ? Mais parce que c'est LA SUPER GRANDE GUEULE de la boîte. Hé ouais. C'est comme ça et puis basta. Y a pas à se ratisser le ciboulot avec un vilebrequin pour essayer de piger pourquoi.

Qu'est ce que tu peux y faire ? Hé bien, te prendre par la main et allez te négocier ta petite augment' toi-même chez ton manager. Happy face, le e-consultant va quand même te filer un ou deux bons conseils pour t'aider à bien manoeuvrer ton rafiot sur les mers agités de la négo de bural.

D'abord, un premier truc à savoir c'est qu'en dessous de 15% ce n'est pas une augment' c'est de la mendicité déguisée. Il peut tout aussi bien te refiler le sac de vielles fringues qu'il comptait déposer chez l'abbée Pierre, ca revient au même. Donc fixe toi un objectif raisonnable, pas un truc de nazebrock quoi. Faut savoir si tu veux emmener ta pouf' en week end à Marbella ou si tu veux juste t'acheter un nouveau gagdet de tuning pour ta bagnole.

Ensuite, ne préviens ton boss que tu veux une augmentation, mais choppe-le par surprise. Demandes-lui à faire un point sur un autre sujet et là balance ta sauce. Ne le laisse pas se tracer tant que t'as pas une réponse ferme comme un turc qui bande.

Enfin, voilà trois stratégies de négo pour te ramasser le paquet garanti :

1. Se lancer dans le chantage pur et simple
Le harcèlement sexuel, y a que ça de vrai. Au bout d'un quart d'heure ressort de l'entretien à moitié désappé. Le fion (ou la moule) à l'air, en gueulant que tu vas te plaindre, parce que c'est inadmissible, etc. etc. Fais ton petit numéro mais laisse-le te rattraper qu'il se fasse pas trop griller. Pour éviter le procès, la honte et la sodomie en prison, il te la filera ton augment'.
Si ton boss est un mormon, cogne-toi la tronche avec son cendar jusqu'à ce que tu pisses le sang, et ressors en disant que "promis la prochaine fois tu les feras tes objectifs.."

2. Faire jouer la concurrence
Reçois de faux appels de chasseurs de tête. Fais ton comploteur et enferme-toi avec ton portable dans une salle de réu. Et reviens avec un smile à te déchirer les joues. Imprime une proposition d'embauche bidonnée avec en gros, méchamment visible, le logo d'un big concurrent de la turne où tu bosses. Et oublies d'aller la chercher ta propale, histoire que tous les zonards qui passent à l'imprimante puisse téma le méga salaire astronomique que tu t'es octroyé. Une fois la rumeur bien enflée, demandes un entretien et laisse faire.

3. Jouer la pitié
Ramène-toi le jour J avec une vieille chemise élimée et pleine de tâches de graisse. Enfile ton costard le plus pourrave, celui où t'as mis des pièces aux coudes. Ne mets qu'une chaussette. Et enquille le baratin sur tes enfants anémiques, ta femme dépressive après son troisième cancer du nichon, ta vioque qui dilapide le patrimoine famillial avec un gossbo à Monte Carle, ton banquier qui t'as fourgué tellement de prêts à la conso que quand t'auras fini de payer les intérêts des intérêts, il te restera juste de quoi t'acheter une pelle pour creuser ta tombe. Et encore elle sera rouillée.
Chiale un petit coup.
Fais pipi (ton opération de la prostate a foiré).
Même le pire des requins lâchera de la tune pour que tu t'arraches de son bureau.

Avec ça t'es bétonné. Si ça suffit pas, pose une question. Je te fourguerais du détail suivant ton cas spécifique.