Ah, fidèle lecteur du econsultantpointcom, te voilà donc gaillard et graveleux, l'oeil vif et le poil en exergue, fin prêt à aborder les techniques de prédation. Tu maîtrises maintenant les roublardises essentielles pour éviter de te faire becter par un plus gros boss que toi. Mais ce n'est pas suffisant, il te faut aussi capter comment grailler les sous-fifres avant qu'ils ne prennent ta place dans la grande chaîne alimentaire de l'entreprise. Impitoyable est la survie au bureau. Gnaqué ou être gnaqué, telle est la question.

Aujourd'hui, une première technique bien chanmée : l'affût dans ta gueule !

Le principe est archi-connu : bien planqué dans la savanne du burlingue, tu attends que passe à ta portée une proie facile qu'il ne te reste à cueillir et à boulotter sans complexes.

Tapis-toi dans un coin anodin de ta boîte, genre la cafet', le couloir des gogues, ou plus vicelard encore : la fontaine à eau (la traditionnelle trève du point d'eau n'est évidemment qu'une vaste fumisterie inventée de toutes pièces par les glandus et poltrons du business). Là, la tronche déconfite et l'aspect inoffensif d'un vieux briscard édenté, tu poirautes comme un couillon. Pour te fondre dans le paysage, fais mine d'attendre quelqu'un avec qui tu étais en grande discussion sur le dossier JeanJean et qui vient juste de te planter pour aller renifler le cul d'une secrétaire en chaleur. Rien que de plus normal quoi.

Puis, quand vient à passer une victime alléchante - un grouillot, un subordonné, un collaborateur de moindre échelon, un "junior", un subalterne, un obscur collègue de seconde zone, un merdaillon du taf, bref n'importe quel primate comestible ou, au pire, si vraiment tu as les crocs, un stagiaire de bas étage - passe à l'attaque tel le fauve carnassier que tu es vraiment !

Et paf, tu lui tombes sur le poil et prenant bien soin de lui couper toute retraite, et tu lui assènes un coup mortel qui devrait lui niquer sa race et lui faire ravaler toute vélléité de promotion pour un bon moment.

Exemples de bons coups de putes :

  • le classique "gros dossier qui schlingue" que tu lui refiles dans la face
  • un rapport urgentissime sur un sujet imbitable à terminer pour hier soir : il devrait y passer la nuit (idéalement à fourguer le jour de son anniversaire). Le lendemain, tu le truffes de fadaises et tu le laisses traîner chez le Grand Patron.
  • les objectifs infaisables : doubler la marge brute par client en 2 semaines
  • la fausse bonne idée (complétement merdique) que tu lui glisses sous le seau du secret et qu'il va s'empresser de déballer en réu pour se faire laminer consciencieusement par toute l'équipe des macaques de la direction.
  • le collègue qui daube (cf conseils précédents : , ou ) dont tu lui balourdes la responsabilité et qui devrait lui bousilller sa productivité quelques mois.
  • plus mesquin, mais assez efficace si tu vises la depresssion nerveuse, le "Tu peux me finir les photocop's s'teuplait ? Je dois partir d'urgence en Rdv client et ça doit être prêt pour mon retour. Vraiment désolé Charlie"

Avec cette première technique, mon poteau, te voilà correctement bacqué pour croûter à ta faim pendant un moment. Ca assurera tes arrières le temps que je t'apprenne la suite.